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COLLECTIF RÉQUISITIONS : 500 PERSONNES SANS ABRIS SOUS TENTES PLACE DES VOSGES À PARIS


Depuis 13h ce jeudi 29 juillet, le “Collectif Réquisitions” et 500 personnes sans abris, dont des familles avec enfants et des mineurs non accompagnés, sont installées place des Vosges à Paris. Elles demandent à l'État des solutions d'hébergement dignes et pérennes, conformément à la loi.

Il s’agit de la 9e action du “Collectif Réquisitions” (2 manifestations et 7 installations de rue ou dans un lieu public) qui depuis décembre 2020, ont permis à près de 3 000 personnes de ne plus vivre dans la rue ou un abri de fortune. L’installation dans l’espace public de plusieurs centaines de sans abri, a été le seul moyen de faire respecter leur droit à être hébergé jusqu’à leur relogement.

A cette violation de ce droit fondamental aggravé par le contexte de grave crise sanitaire, s’ajoutent les remises à la rue à la place d’une orientation vers une solution de stabilisation ou un relogement, comme le prévoit également la loi.

Cette grave carence traduit le manque de volonté politique de mettre en place un accueil digne pour toutes les personnes à la rue, remises à la rue, exilées, expulsées de leur logement, et/ou discriminées, et ce, jusqu’à leur relogement. Une réalité observée et vécue à Paris, à Calais, à Rennes et dans toute la France comme aux frontières de l’Europe et en Méditerranée.

La France, selon l’Insee, compte plus de 3 millions de logements vacants dont 400 000 en Île-de-France. Selon les article L 641 et L-642 du code de la construction et de l’habitation, l’État a le pouvoir et le devoir de réquisitionner les logements de grands propriétaires privés et publics, dans le cas de crise du logement comme celle que nous connaissons. La réquisition permet de loger plutôt que d’héberger parfois dans des conditions indignes et elle est moins coûteuse.

Il n’existe toujours aucun système de premier accueil pour les personnes arrivant en France, contrairement à la majorité des pays européens. À cela s’ajoute la saturation des hébergements d’urgence et du 115, laissant quotidiennement des milliers de personnes à la rue, dont des familles et des mineur·e·s.

Les personnes sans abris et le “collectif Réquisitions” resteront sur place jusqu’à l’obtention pour tou·te·s d’un hébergement digne, dans l’attente de leur relogement.

Nous demandons :

  • Le respect du droit à un hébergement jusqu’à une orientation et un relogement pour toute personnes sans logis ;

  • La mise en place d’une structure de premier accueil inconditionnel pour les personnes nouvellement arrivées sur le territoire ;

  • La prise en charge au titre de l’ASE des jeunes en recours de minorité ;

  • L’application de la loi de réquisition sur les biens de grands propriétaires ;

  • L’arrêt des expulsions sans relogement, la réalisation massive de logements sociaux ;

  • Le respect des droits fondamentaux de toutes et tous.